Deux chiffres. Deux petits chiffres qui donnent de l’espoir aux Démocrates. 42%. 13.
42% comme le taux de soutien (approval rate) de Trump au 15 octobre 2018.

Pourquoi ce taux est-il intéressant ? Parce qu’il montre que, selon les sondages d’opinion, Trump fait partie des présidents les plus impopulaires de l’histoire récente. Ses adversaires aimeraient logiquement en profiter. Mais aussi parce qu’il y a une corrélation démontrée entre la popularité d’un président et les résultats aux élections de mi-mandat.
En octobre 2010, deux ans seulement après son élection triomphale, Obama avait ainsi un taux de soutien à peine supérieur à celui de Trump aujourd’hui, à environ 45%. Quelques jours plus tard, une vague rouge (couleur des Républicains) traversait le Congrès. Avec un gain de +63 sièges à la Chambre des Représentants, le GOP prit le contrôle de la chambre basse (239 sièges sur 435 sièges, pour une majorité à 218). Au Sénat, les Républicains réalisèrent également une belle percée (+ 6 sièges), même s’ils demeurèrent minoritaires (47 sièges sur un total de 100 sièges).
Cette année, les Démocrates espèrent bien surfer sur l’impopularité du milliardaire et regagner au moins l’une des deux chambres, voire les deux dans “leurs rêves les plus fous”.
Le deuxième chiffre qui rend les Démocrates optimistes, c’est le chiffre 13 (!). 13, comme le nombre de midterms sur un total de 15 depuis 1958 où le parti occupant la Maison Blanche a vu son nombre de sièges reculer. Seuls Bill Clinton en 1998, profitant de la lassitude autour de “l’affaire Monica Lewinsky”, et George W Bush en 2002, quelques mois après les attentats du 11 septembre, avaient réussi à contredire la règle qui veut que le peuple américain corrige la tendance dessinée deux ans auparavant au moment des présidentielles.
Trump est toutefois bien décidé à faire mentir ces prédictions, malgré les sondages d’opinion défavorables. D’abord parce qu’il s’implique personnellement dans la campagne, en multipliant les déplacements sur le terrain et les meetings en soutien à des candidats républicains potentiellement en difficulté. Or, malgré tout ce que l’on peut penser de lui, il est difficile de nier qu’il sait conduire une campagne, comme il l’a montré en 2016. Fort d’un taux de chômage apparent à un niveau historiquement faible, d’une croissance économique toujours soutenue, confiant dans la capacité des électeurs à reconnaître qu’il a tenu une partie de ses promesses, Trump compte sur la mobilisation de son électorat le 6 novembre prochain.
Il espère également que la nomination du Juge Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, le candidat qu’il a soutenu malgré l’ouragan médiatique provoqué par l’accusation à son encontre d’agression sexuelle par une ancienne camarade de lycée, viendra galvaniser ses troupes et confirmer sa capacité à “tenir bon” dans l’adversité.
Trump peut en outre souhaiter une abstention forte de l’électorat jeune (20% de taux de participation chez les moins de 24 ans aux dernières élections midterms), traditionnellement plus tourné vers les Démocrates.
Enfin, il ne manquera pas d’évoquer auprès des ouvriers des bassins industriels qui lui ont apporté la victoire il y a deux ans les mesures protectionnistes qu’il a prises, notamment à l’encontre de la Chine, pour tenter de protéger certains secteurs.
En synthèse, même si les Démocrates ont des raisons légitimes de vouloir faire de ces midterms une première phase de reconquête, Trump n’a pas dit son dernier mot. Il dispose d’arguments solides qui peuvent convaincre les électeurs de voter pour des candidats républicains et lui permettre de conserver une majorité favorable au Congrès.
AKM, 16 octobre 2018
