Houston, we have a problem

Meeting de Trump au Texas à deux semaines d’une élections majeure qui pourrait faire basculer le Sénat chez les Démocrates. Ted Cruz, le sortant, y affronte Beto O’Rourke. Contre toute attente dans un Etat très conservateur, Cruz n’est pas totalement assuré de l’emporter. O’ Rourke a fait une campagne remarquée et est parvenu à lever trois fois plus de fonds que lui (voir mon post L’homme qui valait 38 millions de dollars)

Alors Cruz, finalement un peu inquiet, lui qui se voyait réélu facilement, a commis l’impensable : il a fait appel à Trump pour venir le soutenir dans son meeting à Houston.

Trump, celui qui l’a battu pendant les primaires de 2016. Celui qui le traitait de “Lyin’ Ted”, Ted le menteur. Celui qui accusait son propre père, Rafael Cruz, d’avoir fréquenté l’assassin présumé de John F. Kennedy, Lee Harvey Oswald. Celui qui insultait sa femme, Heidi Nelson Cruz, en déclarant qu’elle a un physique beaucoup moins plaisant que celui de Mélania. Trump, que Cruz soupçonnait d’avoir cherché à sortir de sales affaires sur lui pendant la campagne. Trump, pour qui il n’a même pas appelé à voter pendant la Convention républicaine de l’été 2016. Son ennemi juré il y a deux ans… Deux ans… Une éternité en politique !

Automne 2018. Par peur de perdre son siège, Cruz a accueilli hier à bras ouverts le président des Etats-Unis. Les deux hommes clament désormais leur amitié. Trump ne qualifie plus le Sénateur de “Ted le Menteur”, mais de “Ted le magnifique”. En voyant une queue interminable pour assister au meeting, Trump a dû être rassuré sur sa popularité que l’on dit faible. Et Cruz a dû se féliciter du soutien officiel reçu du milliardaire.

A tel point qu’il s’est fait littéralement voler la vedette par un Trump en roues libres. Le président a ainsi pris le micro… et ne l’a lâché que 1h17 plus tard !

Son discours fut plus qu’attendu : son bilan économique remarquable, les dangers qui guettent les Etats-Unis et contre lesquels Trump ne cessera de lutter, la nullité d’O’Rourke et de tous les Démocrates, bien trop faibles et naïfs dans un monde effrayant, et bien sûr son objectif principal : rendre sa grandeur à l’Amérique, ce fameux slogan qu’il assène à chaque fin de speech, “Make America Great Again”.

Mais c’est surtout une phrase qui restera du discours de Houston. Une phrase décisive dans la campagne des Midterms. Parlant de ses adversaires qu’ils nomment les “mondialistes” (“globalists”), Trump lance alors :

“You know, they have a word. It sort of became old-fashioned. It’s called a nationalist. And I say really, we’re not supposed to use that word. You know what I am? I am a nationalist. Use that word.”

Traduction : “Vous savez, ils [les mondialistes] ont un mot. Qui peut paraître un peu démodé. C’est le mot nationaliste. Et je sais que nous ne sommes pas censés utiliser ce mot. Et bien vous savez ce que je suis, moi ? Je suis un nationaliste. Utilisez ce mot”.

Voilà, nous sommes en 2018, et le président de la première puissance du monde se qualifie lui-même et avec fierté de “nationaliste”. Cette déclaration marque peut-être un tournant.

Houston, we have a problem…

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AKM, le 23 octobre 2018

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